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22 décembre 2006 5 22 /12 /décembre /2006 11:15

Manifeste/Antimanifeste/Cyberethnodada N.2¤ Intémoignable/Interminable/Insupportable ... Eutopie

d’une Extrême Jonction*

 

"La philosophie ne sert à rien, dirais tu;

mais sache que justement car privée de tout lien

de servitude elle est le savoir le plus noble."

(Aristote)

 

 

"Nous pouvons être libres

seulement si tout le monde l’est."

(Hegel)

 

 

"L’heure du crime ne sonne pas en même temps pour tous les peuples.

Ainsi s’explique la permanence de l’histoire."

(Cioran)

 

 

"La poésie doit être faite par tous,

non par un."

(Lautréamont)


 

 

Trouver accès à l’insurpassable ...

Réintégrant le transfini à partir du fini...

Pensant, par concepts comme le philosophe, par fonctions comme le scientifique, et aussi, surtout... par sensations... affects, intercept (s), comme ... l’artiste... le poète...

Pour marcher vers la r-évolution...Dans cette zone fiévreuse d'indiscernabilité... incessamment, trans/former/ l’in/form/ation...

 

Un ruissellement impossible à endiguer par les frontières et les vieux codes d’appartenance de la pensée logique/analytique.

Ces trajectoires de formes métamorphiques, profondément conscientes des préjugés culturels, rendant progressivement inutilisables les structures, désormais obsolètes, qui prétendent pouvoir décrire les mécanismes opérationnels du monde, stimulent intensément l’effort créatif, et suggèrent... subtiles et insaisissables... a/ventures... d’êtres pré/liminaires...

Qui osent se dresser contre toutes les évidences du jour...

Sur une voie apophatique qui produit son propre antidote libérateur aux contraintes des parois positivistes, opaques et infranchissables, de la vision ordinaire des choses...

En décembre 2001, cent hommes de science contemporains, Prix Nobel, ont participé au "Peace Prize Centennial Symposium" et ont fait une déclaration. "Le danger le plus profond pour la paix dans le monde dans les prochaines années", ont ils dit, "ne résultera pas d’actes irrationnels d’états ou d’individus mais des questions légitimes des évincés du monde... Si nous permettions à la puissance dévastatrice des armes de se répandre à travers ce paysage humain inflammable, nous déclencherions une conflagration qui pourrait emporter (engloutir) soit riches que pauvres". Les chercheurs ont conclu: "Pour survivre dans le monde que nous avons transformé, nous devons apprendre à penser d’une manière nouvelle".

Irremplaçable alors le geste évolutif de fusionner les droits humains : l’"Habeas corpus", à la reconnaissance et à la protection de la conscience individuelle dans toutes ses formes : l’"Habeas animam".

Précisément tenté par cette nécessité, assisté par l’Ange du retournement et escorté par l’originaire intuition d’un horizon cosmologique à atteindre - absolument - notre groupe * s’est attribué, en tant que problème poïétique, l’ouvrage existentiel d’étreindre, dans l’espace de sa destinée singulière et commune, la pratique - de l’extrême jonction - ...

...Entre... le souci du soi et la déprise de soi ; entre une philosophie de la conscience et une philosophie de la création; entre l’individuel et le collectif; entre la révolte et la révolution; entre la subjectivation et la désubjectivation; entre le social et le politique; entre une principe individuel et personnel et un principe impersonnel, non-individuel ; entre la fatalité d’enfermement et d’égarement et un ailleurs virtuellement paradisiaque ; entre un virtuel et un actuel; entre le singulier et l’universel... entre l’envers et l’endroit ; entre l’intérieur et l’extérieur; entre l’animus et l’anima; entre la solitude et la ré-union; entre le silence et le langage; entre l’ouvert ... et le dehors ... entre le dépli ... et le surpli.

Entre le ruban de Möbius et le labyrinthe...

Encore et enfin, entre entendement analogique/synthétique et jugement logique/analytique...

Vers... une ré-flexion en spirale qui, inexhaustible, s’é-lève sur elle-même; s’étend dans un lointain propice; trouble et dé-compose les évidences jusqu’à frôler l'esprit profond... de la complexité...

A travers un dia-logue étendu, une intention/en tension , une impensabilité ininterrompue...

Dans l'espérance d’une parole de surgissement, d’élargissement, d’imprévu...

Une parole poétique qui découvre en cherchant...

Pour ne pas abdiquer, pensée après pensée...

Alors, de la page écrite à la ré-union du collectif, de la manif à l’atelier... continuer à se questionner en se promenant ...interrogarsi camminando... Sans jamais se résigner à accepter l'ambivalence inéludable des choses... mais plutôt s’entraîner à des jonctions - sans soustractions - pour survenir à des symphonies qui amènent à l’intro-communication, l’intro-action , l’intro-connexion ... des extrêmes...

Enquêter, sonder, s’interroger - infatigables - en agissements résistants... Aux séparations, aux antagonismes, aux fragmentations, qui, de façon opiniâtre et avec un regard qui ne fait qu’interroger un extérieur, encore persistent à manœuvrer les relations très complexes entre science, culture, société. Bâillonnées par des interdits psychologiques et limitées en un artifice arbitraire.

Pari audacieux du discours poétique... bâtisseur d’espace, guetteur du réel caché...

Il y a là quelque chose qui passe au delà de toute considération de "l’art pour l’art" ou de "l’art pour la beauté", quelque chose qui embrasse et réconcilie, encore une fois, les deux tendances et leur opposition. Un élargissement qui pressente sans trêve d’autres présences, d’autres ir-réalisés plus arcanes ou intimes, un devenir qui est en quête d'une âme derrière les choses et les êtres, l’esprit et ses pouvoirs, et qui pourrait être le lieu inépuisable d’un art encore plus emblématique, pénétrant ...Une aperception commune en échange continuel. C’est à dire esthétique, spirituel, social... L’affaire de tous, donc, l’activité pro-ductive - poïétique - par excellence... l’engagement le plus haut, quand il est authentique....

Dans un champ d’in/form/ations actives, finement et finalement entrelacées .Où des singularités se manifestent parce que cela fait sens pour elles, parce que cela les constitue individuellement ou collectivement. Pour ouvrir le champ de la pensée hors de la société du travail et de la production, renforçant la disposition au don et à la gratuité, vers une économie au service de la culture et de la réalisation du soi...

Des êtres, Pré-liminaires, en cette préhistoire de société à venir... Qui défient la logique et ouvrent la voie à la pensée analogique ...

Conscients que le devoir fondamental de l'humain soit celui d'agir en sorte que tout un chacun, sans exception, puisse vivre son unicité, dans le plein développement de la Con-naissance...

Conciliant la réalisation de sa propre auto-création avec celle des autres...

Un savoir du multiple et de la possibilité inouïe, de la métamorphose, d’un infiniment ouvert, inscrit depuis toujours dans notre même corps, et dans lequel enfin trouver demeure...

Emetteurs-récepteurs-transformateurs, qui n’ont pas fait des compromis avec l'histoire, avec son idée d’ordre et de désordre, de séparation et de ségrégation; appelés à dé-voiler les caractéristiques les plus secrètes de l’être... A construire, plutôt mettant en commun...

En étant éveillé -à tout moment - à notre penser, à notre sentir; au delà du seuil des accumulations et des conditionnements...

Non pas pour obtenir mais, par contre, pour ré-dé-couvrir et re-con-naître...

Un lointain tellement proche... Si seulement on arrivait à le com-prendre... Et se dé-prendre du ne pas tellement inconscient modèle dualiste et linéaire.

Certains affirment: "La pensée ne peut être révolutionnaire qu’à condition que les acteurs des luttes puissent se l’approprier"... On est d’accord ; mais on ajouterait que, pour être vraiment r-évolutionnaire, plus on "se" sollicite parce que un langage devient davantage riche, polysémique, presque poétique, plus on aura des chances à parvenir à la com-préhension de la complexité que nous sommes nous mêmes... pauvres, militants, artistes. Et ainsi constater le pouvoir que peut avoir l'in/form/ation de triompher face à la force pure et de ramener l'autorité du savoir, justement, à la condition poétique de toute transmission de parole.

Puisque, comme l’affirme Jacques Rancière: "Il n'y a pas d'ignorant qui ne sache une multitude de choses et c'est sur ce savoir, sur cette capacité en acte que tout enseignement doit se fonder. Instruire peut donc signifier deux choses exactement opposées: confirmer une incapacité dans l'acte même qui prétend la réduire ou à l'inverse, forcer une capacité, qui s'ignore ou se dénie, à se reconnaître et à développer toutes les conséquences de cette reconnaissance. Le premier acte s'appelle abrutissement, le second émancipation. (...) L'instruction est comme la liberté elle ne se donne pas, elle se prend."

Car... AU terrible interrogatif impossible à conceptualiser QUI VIT , impuissant et heureux, dans les silences de la solitude de nos profondeurs on peut essayer de donner un ECHO seulement si on ESSAYE de lui donner une VOIX ...

Au delà du seuil surveillé de la faute et de la honte... de l’intégration dans un marché, du profit d’un gain ou d’une reconnaissance sociale.

Même un graffiti sur un mur ou sur la porte des latrines, une phrase sur une pancarte brandie par une "singularité plurielle et quelconque", dénouée d’appartenances trop affichées dans une manif, nous aident à réfléchir -et parfois déchirent des nouveaux horizons, peut-être évidents, mais jusque-là restés en "blanc", simples bruits parasites...-nous projetant vers une con-naissance démocratique... Inhérente à la nature et à tout objet lui faisant partie.

Une Con-naissance qui n’est pas une possibilité en plus, ni un choix, mais une fonction du vivre, essentielle, comme celle de la respiration, et qui cherche la vraie liberté dans une libération à l’égard de la loi.

(Et) qui puisse intégrer les sagesses analogiques anciennes et la compréhension scientifique moderne, vers une ré-alis-ation de l’être profondément connecté au tout.

Où l’"ici et maintenant" fusionnent avec d’autres lieux et temps lointains.

Comme l’unité holographique qui contient en soi la matrice de l’information totale du système dans laquelle elle est incluse

C’est pourquoi, dans un univers de médiation en lequel chacun sert partiellement de moyen aux autres, pour "réduire l'hétérogénéité, à un niveau supérieur" (Deleuze), se raconter et se deviner les uns les autres,- sans se considérer à part.-

Avec "le sentiment aristocratique de l’égalité avec tout ce qui vit" , comme disait Pasternak.

Pour re-donner à la politique la dimension d’un art, d’une gnose, et pourquoi pas d’un salut...

Oeuvrant dans une réalité éclairée par le présage de son devenir...

Avec une conscience de soi qui est en même temps la conscience de l’existence même...

Et qui veille, pour le moment, dans les marges et dans l’urgence...

...De la lumière incohérente à la lumière cohérente...

.... Quand l’exception était la règle... une règle non conventionnelle...

(Rien à voir, bien sûr, avec "l’état d’exception", dans lequel vive actuellement la majorité des sociétés occidentales et non...)

 

Interagir/intro-agir dans un espace des possibilités ou des potentialités , un "espace d’Hilbert, comme diraient certains physiciens. Dès lors, l’univers suggère le plus l’idée d’une imposante pensée que d’une écrasante machine ... Une unité globale organisée d’intro/relations entre éléments, actions, individus...

Et alors, si l'évolution est une évolution qui élargit de plus en plus la matière psychique de l’être humain, comme disent certains philosophes; et s’il existe une analogie entre le système psychique et le système quantique, comme affirment certain scientifiques, de la même manière la matière psychique est matière quantique. Matière qui devient esprit; alchimie mystérieuse de ce qui est, n'est pas et devient. dans une évolution qui augmente de plus en plus la matière psychique de l'homme. . .

Le sacré donc, auquel milliers d’années d’histoire criante se sont frotté, à travers l‘agencement inconsidéré d’intuitions, con-naissances, pres-sentiments originaires et divers, profanés et institutionnalisés, faussés et fléchis, jusqu’à trans-former le spirituel en l’instrument infecte et perverti de l’esclavage des consciences.

L’entendement lucide de la mystification immémoriale de ce primordial de la part de certaines d’entre elles ....ne suffit pas à les libérer de la logique souveraine sous-jacente à l’imposture , celle d’un dualisme solide et enraciné, responsable de surcroît de l’escamotage ultime cartésien qui a offert sur un plateau d’argent à une science et à une politique "sans âme", sans grâce, sans désintéressement...une connaissance et une vision du monde mécanique/mécanisé et aveugle à l’extrême pauvreté et aux abus de l’humain sur l’humain... Qui exclue de la vie ce qu’on a vécu et de la compréhension ce qu’on a compris...

Et ce n’est donc pas un hasard que notre dernier manifeste/anti-manifeste joue avec Dada, dans l’implication conjointe de l’op-position vive à l’absurdité meurtrière de la politique contemporaine et l’expression artistique déployée sur des plans inhabituels, Dans une vision anarchique pure de l'existante, qui défait toute possibilité d’une politique conçue comme puissance d’un seul sur plusieurs ou de plusieurs sur plusieurs... dans une volonté de re-ve(ni)r à un affect primordial, à travers le plus grand acte de création, celui de la re-construction de soi même et des autres comme êtres finalement libres ... à travers une pratique de ré-cré-ation inévitablement liée à l’in-ter-vention r-évolutionnaire dans le quotidien...

En quête d’explosion spirituelle , - "les non-dupes errent", disait Lacan- nous vagabondons alors , comme les planètes, d’une offre politique-poétique-artistique à l’autre; aucun parti, aucune mouvance, aucun groupe, interdits de la densité de l'événement, ne pouvant vraiment nous satisfaire, avec leur caractère d’inassignation aux discours, grégaire ... et non syntropique...

Pour la raison que le danger, en art comme en politique - ergo, dans la vie - c’est justement celui de se laisser engloutir dans la logique d’un geste de pouvoir qui se saisit lui même en termes d’appropriation ou d’expropriation, aussi quand on poursuit un chemin qui se veut alternatif ...

Ainsi ce qui pourrait sur-venir ce ne sont que des mots, comme dirait Beckett , des mots qui essayent d’instaurer une relation nouvelle avec les choses, fondée sur la ré-écriture de l’ir-réalisé et préservée des griffes de l’"utile"...

S’étonner des signes dans le don révélateur de représentations incessamment en cours de remotivation, de correspondances pérégrines, creusées dans les mots... pour assumer et supporter, poétiquement et politiquement... cette question, dette, inquiétude, manque, qui depuis toujours, est "en soi" de celui qui parle " par poésie "... lucide d’être...con-naissance encore dans les limbes...

Partant, en face d’un capitalisme informationnel qui nous laisse croire à une liberté comme nécessité de choisir - c’est-à-dire de renoncer - amener au langage ce dont il nous prive de présence et de vie; remontant de l’affect à la parole, transmettant les vécus, le mystère et l'émotion qui la précèdent... et qui la rendent possible... cette parole...

Du moment que l'ensemble des moyens d'expression coopèrent à la construction du monde, pas simplement à son interprétation ...

Pour nous, c’est ça l’art, la poésie, la poïétique, la politique... : la multiplication des possibilités de la révélation/r-évolution à travers la vocation évocatrice et subversive du mot. Son outrage, son aller au-delà de l’ordre constitué des significations... son être livré à quelque chose qui sans cesse se refuse ... l’inobservable... l’inapparent... l’insaisissable...

Et, "n’y renoncer, sous aucun prétexte"...



¤ Le premier manifeste/antimanifeste "Cyberethnodada" a été présenté en 1996 à la Galerie Communale de Créteil, et signalé sur la presse italienne (Il Mattino, Corriere della sera...), française (Radio Nova, Radio Aligre, Nova Magazine, Le Républicain, Art Presse, Officiel des arts...), américaine ( Night, New York Art...)


* Depuis 1977, entre Gutenberg et McLuhan, le groupe Extrême Jonction, ou les chaosonautes du réel caché,
formé par Angelo Ermanno Senatore (peintre/ poète/performer/chercheur interdisciplinaire) et Eva Rachele Grassi ( philosophe /poète),
sur les traces de Leonardo da Vinci, père de l'interdisciplinarité,
et sur les pas des avant-gardes (dada, futuriste, situationniste, cobra, actionniste, fluxus...)
et traversant, en la ré-interprétant, l'esthétique relationnelle,
surfe toujours , au gré des vicissitudes individuelles et communes,
entre l'équipe inter-média d'artistes chercheurs - vouée au "partage du sensible" -
et l'individuation psychique collective et sociale .
Oeuvrant pour un futur possible de l'eutopie, dans ce moyen âge technologique de passage.
Persistant à se consacrer à l'alchimie des mots, des formes , des couleurs, des sons, des "actions"...
Contribuant à préparer les éléments qui bientôt permettront d'investir l'avenir.
TOUS ensemble...
Dans l'"extrême jonction" des différentes sensibilités...
à travers la "jonction immédiate" de toutes les catégories de r-ésistants:
artistiques, culturelles, politiques, sociales ...
Une "grande alliance" des ecologies sociales des esprits; pour réfléchir à une autre boîte à outils,
pour re/construire (en dé/construisant) un art, une culture des devenirs r-évolutionnaires...
Prouvant avant tout sa propre présence au présent...

 

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