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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 13:08
 

Un instant de contretemps , fréquence continue de "la voix de fin silence"...

 

Comment dire: rien n'est plus certain que l'incertitude...

 

Semble-t-il que l'époque actuelle soit en train de ré - évoquer le chaos, mais

 

espérons le , pour le revivre à la lumière de la conscience!?

 

En fait l'humanité se trouve à vivre un quotidien qui s'étale dans des espaces

 

entièrement opposés, et qui symbolise un passage culturel, sociale et politique,

 

de la séparation spécialisée à la multiplicité.

 

Il est donc vital et urgent poser la nécessité d'une révolution de pensée, qui ferait

 

advenir une pensée complexe, capable d'associer ce qui est disjoint

 

et de concevoir la multidimensionnalité de toute réalité anthroposociale.

 

Pour rompre avec les aveuglements et carences d'une pensée simplifiante qui ne

 

sait que disjoindre et réduire, mutiler et ravager tous les secteurs de la

 

connaissance et de l'action. Et, ce besoin de complexité qui a commencé à se

 

faire ressentir dans les sciences avancées et dans les arts doit impérativement

 

mener sa bataille sur le plan de la pensée sociologique et politique. Vers une

 

nouvelle structure de pensée qui commence à essayer d'inclure

 

Dans toute observation l'auto-observation , dans tout examen l'auto-examen, et à

 

introduire dans toute connaissance la volonté d'auto-connaissance du connaissant

 

Une idée vieille comme la philosophie. Et qui doit nous aider à nous décentrer

 

sans cesse, à nous dépasser, à reconnaître en permanence les limites aveugles

 

inhérentes à toute pensée. Selon des concepts établis sur la mutation plutt que

 

sur la fixité, sur la probabilité plutt que sur la certitude.

 

Pour déceler la relativité de la vérité.

 

"On ne réalise pas que les idées - qui sont désormais des intermédiaires

 

nécessaires pour communiquer avec la réalité - vont aussi masquer la réalité et

 

faire prendre l'idée pour le réel. Ce rapport barbare avec les idées

 

est l'une des plus atroces choses qui soient arrivées à l'humanité. Pourquoi?

 

Parce que, de même que les communautés humaines ont suscité des dieux

 

souvent terribles , exigeant des sacrifices humains innombrables, on donne

 

aujourd'hui une existence, une transcendance à nos idées. On est capables de

 

tuer ou de mourir pour une idée. Voilà donc à quoi ressemble cette sorte de

 

sphère qui a émergé."(Edgar Morin)

 

...la régulation doit venir des deux ctés , d'une part de la société, d'autre part de

 

notre capacité individuelle d'examen et d'autocritique.

 

Cela suppose une très grande réforme de l'enseignement, dès les petites classes,

 

qui apprendrait à se connaître soi-même

 

...pratiquer une hygiène de l'esprit , s'auto-observer, réfléchir sur le rle de la

 

civilisation,créer les barrières qui empêchent le déchaînement.; l'une des grandes

 

carences d'aujourd'hui est qu'on a relégué dans la littérature ce qu'on appelle

 

l'introspection...

 

Nous sommes devant un problème très ambigu: nous ne pouvons

 

pas espérer un règne souverain de la pure logique...

 

Il ne faut pas oublier que nous portons en nous les premières cellules qui sont

 

apparues sur la terre , car c'est du produit de leur multiplication que sont issus

 

tous les êtres vivants, dont nous mêmes.

 

Si l'on veut que la complexité existe sur le plan humain, avec le minimum de

 

coercition, on ne peut s'appuyer que sur le sentiment de solidarité et de

 

communauté en chacun des membres.

 

Sans cela c'est la destruction.

 

A ces problèmes fondamentaux il faut répondre par la nécessité d'une circulation

 

entre les connaissances.

 

La possibilité d'assumer ces circulations c'est ce qu'on appelle la culture.

 

Qu'est-ce qu'était la culture au sens classique du terme? Les cultivés non

 

seulement se nourrissaient de philosophie, de littérature, de poésie, de

 

beaux-arts, mais surtout essayaient de les intégrer dans leur vie.

 

Autrement dit,

 

il s'agit d'intégrer dans notre vie et dans notre pensée des idées ou des

 

connaissances sur l'homme, la nature et la société. Certes, on ne peut pas tout

 

avoir dans sa tête , mais on peut circuler dans le savoir. Faire uvre de culture,

 

c'est donner au citoyen la capacité de briser , de transgresser les frontières et les

 

compartiments de plus en plus clos entre les différents domaines du savoir.

 

Eduquer , c'est conduire hors de soi.

 

Et encore, à qui pourrait interloquer que l'art pourrait nous amener à une forme

 

d'égocentrisme accéléré, donc de soi-disant narcissisme on peu peut répondre

 

avec Lou Andreas-Salomé laquelle a bien montré que le concept psychanalytique

 

de narcissisme n'était pas égocentrique, ou encore qui ne se réduisait pas à un

 

investissement de la libido sur le moi, mais qu'il s'élargissait dans une dimension

 

macrocosmique .

 

Et pour cela elle rappelle que le Narcisse du mythe

 

ne se contemple pas dans un miroir artificiel , mais bien dans celui de la nature.

 

Ainsi ce qui est important c'est "notre propre enracinement dans l'état originaire

 

auquel nous restons incorporés, tout en nous détachant , comme la plante reste

 

attachée à la terre, bien qu'elle s'en éloigne dans sa croissance vers la lumière",

 

ce qui revient à aller "plus loin que soi même, ne pas être un obstacle à soi-même

 

en tant que moi dans les retrouvailles heureuses avec l'état originaire, encore

 

étranger en moi"

 

Mais le problème ne doit pas être posé seulement au niveau des proclamations et

 

des programmes, mais à celui de la structure de pensée sous-jacente , qui

 

commande à la fois la vision du monde, de l'homme, de la société, de la politique.

 

Pour concevoir la complémentarité de ce qui semble seulement antagoniste et

 

l'antagonisme dans ce qui paraît seulement complémentaire. Et comme le dit

 

encore Morin, tout ça ne peut être tranché,

 

réglé, par simple décret: "Cela nous montre que nous avons besoin d'une nouvelle

 

méthode de pensée, plus riche et complexe que les méthodes encore souveraines

 

aujourd'hui , qui ne savent que disjoindre et réduire".

 

Commencer donc à réfléchir sur la communication, vers une sorte de

 

métacommunication qui puisse nous rendre avisés sur la complexité foncière de

 

tout ce qui a double ou triple niveau/tiroir/fond d' interprétation..

 

.de la réalité...en somme...

 

Désambiguïser l'événement comporte souvent des grandes dérives...comme celle

 

qui vit l'humanité en ce moment même... Guerres, pauvretés, pestilences,

 

richesses bien-être, surplus ... La planète même , dans

 

sa répartition, semble avoir choisi un manichéisme aveugle et aveuglant.

 

Et alors, comment ré-apprendre à penser, d'une façon humaine la moins

 

trompeuse , la moins égoïste, surtout?

 

Peut-être, avec le sentiment urgent de la nécessité de ré- veiller en émergence

 

l'humanité en chacun.

 

En commençant pour constituer des îlots de recherche où l'on s'efforcerait

 

d'élaborer les principes d'une pensée non mutilée/non mutilante, et, d'une façon ,

 

comme si le tout , ne dépendait que de nous mêmes.

 

En premier lieu, considérer et accepter la fragilité de l'identité et réfléchir sur le

 

concept de réalité pré - individuelle .

 

Essayer d'équilibre une certaine radicalité ontologique avec une certaine précision

 

de la pensée politique.

 

Travailler sur un langage , qui dans son essentialité n'abandonne pas le réel, mais

 

qui au contraire puisse arriver à ré-écrire une réalité en pleine syntonie avec son

 

sens.

 

L'art comme formulation d'une nouvelle pensée, d'un nouveau langage, vers une

 

conception plus spirituelle de l'humain. Parce que c'est sur l'esprit le grand pari: il

 

est indestructible et seule la poésie peut sauver l'homme, même dans l'impossible.

 

Aristote disait:" Pour penser il faut être dans un état d'étonnement total".

 

Un étonnement à puiser continuellement dans la magie cachée du réel qui se

 

trouve dans l'abondance et la pluralité infinie des choses qui sont chacune unique,

 

une singularité qui finalement aucun être humain ne pourra jamais maîtriser tout à

 

fait, ni inventorier complètement. C'est cette-ci l'importance de la prise de

 

conscience vertigineuse du devenir humain. Dans un cosmopolitisme des idées et

 

des connaissances diverses, se métamorphoser dans la multiplicité de ses

 

potentialités, même pour se soustraire à un contrle institutionnel, toujours plus

 

envahissant; pour que les contrleurs mêmes puissent arriver à se soustraire à

 

leur propre contrle, en aboutissant à une nouvelle façon de se regarder,comme

 

un nouveau Narcisse, (toujours selon l'interprétation très éloquente de Lou

 

Salomé ), quise regarde dans un miroir d'eau naturel et qui s'identifie avec la

 

nature et avec ce qui l'entoure, dans une profonde conscience du 'soi'...

 

On a profité de ce moment de rencontre pour lancer un appel nécessaire et urgent

 

;parce que si c'est vrai qu'il n'y a pas de progression des libertés dites réelles ,

 

dans la perte des libertés dites formelles on ne discute, malheureusement pas

 

assez sur les thèmes de l' art, de la culture, de l'éducation, parce que, à tort, mais

 

heureusement pas par tout le monde, ils sont des thèmes considérés peut-être

 

secondaires ou tout au plus, comme des épiphénomènes:

 

C'est vrai, la situation est grave, et c'est pour ça qui sont justes et nécessaires

 

ces types de débat et ces moments de réflexion; mais , à cause de quoi tout ça

 

arrive? Il faut essayer d'aller à la racine des choses ...Peut-être parce que on a

 

oublié quelque chose d'essentiel ?: notre esprit.?

 

Pour ça , on croit que le premier acte d'insoumission soit une réflexion ponctuelle

 

justement sur ces thèmes-là. La barbarie se produit à cause de la spécialisation

 

des "savoirs" de plus en plus techniques Une sociologie qui ne voit dans une

 

société que des processus de production et d'organisatione est ainsi

 

aveugle à la réalité des individus , et bien sûr à la conscience , la subjectivité , le

 

sentiment, l'amour , le jeu , la plaisanterie, l'humour.

 

La vraie insoumission c'est une nouvelle façon d'entendre les choses, plus

 

spirituelle (en tous les sens!) Et plus solidaire, cultivée, fraternelle. En étant

 

capables de penser qu'il y a une communauté beaucoup plus ancienne et élargie

 

que celle de ma nation: une communauté proprement humaine, terrienne...

 

Chercher ensemble nouvelles voies...

 

L'ouverture à soi et l'ouverture à l'autre sont effectivement deux faces de la même

 

médaille Il s'agit d'une nouvelle lutte initiale. Il s'agit d'envisager une nouvelle

 

naissance liée à la naissance de l'encore inexistante et potentielle humanité. On

 

est encore à la préhistoire de l'organisation sociale, à la préhistoire de l'esprit

 

humain, l'âge de fer planétaire , comme le dit Edgar Morin.. Parce que une pensée

 

qui reconnaisse l'importance clé du problème de l'erreur , la fragilité de la vérité, le

 

mystère du mythe , la multidimensionnalité du réel ,l'extrême complexité des

 

choses humaines, l'aventure du devenir, sera une pensée complexe. Pour une

 

autre politique il faut une autre pensée.. Vers l'interdisciplinarité...

 

" Atteindre la deuxième naissance, celle parolière, après la naissance biologique ..."(Valéry)

 

Disait Wittegestein:" Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons."

 

Mais, quel langage, quelles écoles, justement?

 

Et d'abord, c'est à chacun de commencer à commencer ne serait-ce qu'avec lui

 

même. Savoir déjà qu'il n'y a pas de formule, pas de recette. Tout peut commencer

 

d'on ne sait où, tout doit commencer de partout , par plusieurs bouts, il faut que

 

plusieurs commencements s'opèrent ensemble, se synchronisent , se synergisent,

 

fassent tourbillon...

 

Parce que la vraie liberté naît de la culture, d'un esprit solide capable de réfléchir

 

sur lui même et de mettre en discussion à chaque instant le peu de certitude qu'il

 

croit posséder.


"Forum sur la désobéissance", CIPC Voltaire, Paris,9 déc.2001

 

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