..."Lux Magnifica"...
Luxe Magnifique
Miracles, "magiques instants collectifs"... nos désirs seront nos destinées... n'avoir aucune idée sur quoi devenir... au point de se dédier à l'idéal le plus haut... y dédier une vie... et en même temps se sentir coupables vers le réel... De toute façon se souvenir toujours d'écouter... et jamais oublier... en se posant souvent des questions... sans réponse... par amour du vertige.
En regrettant aussi le "reste", mais sans aucun désir... Alors, quel destin?... Dans une éternité de demande interminable, des humains, inadaptés à l'humanité, en crise d'abstinence, où un "sentir" ambigu ne suffit pas... Une fantaisie absolue, libre de modèles, même les plus abstraits... un "ART" qui essaie d'augmenter dans le quotidien cette soif de sensibilité écorchée... où, ça sera le Paradis, où on restera à jamais en enfer... Se laisser couler profondément dans toutes les choses, et n'en être aucune...
sans matrice...
Tellement vigoureuse la tentation de parvenir au Seuil de l'Invisible, que chaque image qui pourrait également de beaucoup se rapprocher de l'objectif, est considérée comme superflue, inefficace, comparée à la vision, soit aussi imparfaite de son propre idéal... Cependant, cette manière doit aussi être re-présentée, même si décharnée et pétrifiée...
Des arrières-pensées au stade de l'investigation... suppositions scientifiques de l'esprit, qui s'autorise à l'Impossible, dans l'angoisse ambitieuse d'un rêve oublié... Le droit à l'errance, sur une frontière empruntée, feu noir sur fer blanc... S'entourer de poésie... et... combien de solitude... comme couper les ailes d'un Ange, dans un rêve brusquement interrompu par la douleur... le non-vu des instants perdus...
Blessés et séduits par la convoitise d'une sublimité d'anxiété suprême... pour se faire accepter sans être banalisés... pour innocenter les regards...
...Et si la Création a eu lieu par un acte de parole, re-découvrir une langue de la con-fusion, une langue de la grâce... édénique...
Et en plus se rappeler que la naissance d'images a été une première forme d'écriture... Il n'est pas mauvais, non plus, de nous souvenir qu'images et alphabets sont deux branches de la même famille... vibrations... grandes scintillations... pour préparer et se préparer à un monde, où la pensée la plus haute ne soit plus une ambition impossible et trop cruellement exigeante, contraire à la vie, et hors des prises humaines...
... et pourtant ce n'est pas encore le SECRET... ... rien que le premier pas... vers l'Antérieur.
Paris 1998